Un billet de banque a l’air solide. Après tout, il est fait pour passer entre des milliers de mains. Mais pour un collectionneur, chaque détail compte. Un pli, un coin corné ou une trace de gras laissée par vos doigts peut faire descendre un billet d’un état entier. Si vous l’avez acheté en UNC (non circulé), cela vous coûte tout de suite de l’argent.
La bonne nouvelle : avec quelques gestes simples et le bon matériel, vous gardez vos billets dans le même état pendant des années.
Manipuler : des mains propres et sèches, toujours par les bords
La plupart des dégâts surviennent pendant la manipulation. Votre peau produit du sébum et de l’humidité, et le papier les absorbe. Souvent, on ne le remarque que des mois plus tard, sous forme de tache ou de bord décoloré.

- Lavez-vous et séchez-vous les mains avant de toucher vos billets. Évitez la crème pour les mains ou les lotions.
- Tenez un billet par deux bords opposés et gardez-le à plat. Ne le pincez pas au milieu.
- Travaillez au-dessus d’une surface propre et plane, comme un tapis en feutrine ou une feuille de papier propre. Si le billet glisse, il atterrit en douceur.
- Les gants ne sont pas indispensables. Des mains propres et sèches suffisent généralement, et avec des gants vous avez moins de sensation et risquez davantage de maladresses. Pour les billets chers ou rares, beaucoup de collectionneurs choisissent de fins gants en coton ou en nitrile. Avec le coton, sachez que la prise est moins bonne et que des fibres peuvent accrocher.
- Une pince à bouts larges et plats (pince à timbres) est pratique pour sortir un billet de sa pochette. N’utilisez jamais une pince à bouts pointus ou dentelés.
Ce qu’il ne faut jamais faire
Certaines habitudes semblent anodines mais causent des dégâts permanents :

- Plier ou rouler. Même un pli que vous « lissez » reste visible dans le papier.
- Trombones, agrafes, élastiques et épingles. Ils laissent des marques, de la rouille ou des décolorations.
- Ruban adhésif ou colle, même pas pour réparer une petite déchirure. L’adhésif pénètre dans le papier et le décolore.
- Repasser, presser, laver ou « nettoyer ». Les experts repèrent souvent un billet traité et l’estiment moins qu’un billet honnêtement circulé.
- Plastifier. Il n’y a pas de retour en arrière.
- Compter ou « feuilleter » les billets comme le fait un caissier. C’est exactement ainsi que naissent ces petits plis dans les coins, et ils ne partent plus.
Les bonnes pochettes : polyester oui, PVC souple non
Chaque billet mérite sa propre pochette. Mais tous les plastiques ne conviennent pas.
Les pochettes sûres sont en polyester (souvent vendu sous le nom de Mylar ou Melinex), en polypropylène ou en polyéthylène. Ces matériaux ne libèrent rien dans le papier.
Évitez le PVC souple. Il contient des plastifiants qui migrent hors du plastique avec le temps. Ils peuvent laisser un film collant sur le billet et attaquer l’encre. Le piège, c’est qu’on ne le voit pas au début. Un test simple : le PVC est mou et légèrement gras au toucher, alors que le polyester est plus rigide et crépite quand on le plie. Si vous avez un doute sur de vieilles pochettes ou un album retrouvé au grenier, remplacez-les.
Il existe aussi des pochettes en PVC rigide sans plastifiants, conçues spécialement pour les collectionneurs. C’est autre chose que le PVC souple : il ne contient pas de plastifiant qui puisse migrer. C’est une option acceptable, mais un second choix : les recommandations des archives préfèrent le polyester, le polypropylène ou le polyéthylène. Un exemple est la gamme Banknote sheets Basic de Leuchtturm, disponible en plusieurs formats. Le format 140 × 80 mm est prévu pour les billets souvenirs 0 euro. C’est la dimension intérieure de la pochette.

Les enveloppes en papier et le papier cristal ne conviennent que s’ils sont sans acide et sans lignine, et même alors surtout pour un stockage de courte durée.
Le polyester est rigide et lisse et garde le billet bien à plat. Choisissez des pochettes juste un peu plus grandes que le billet, pour pouvoir le glisser et le retirer sans forcer.
Astuce : Enregistrez dans AgAurium une photo du recto et du verso de chaque billet. Si vous remarquez plus tard un pli ou une tache, vous saurez exactement s’il était déjà là. Essayer AgAurium gratuitement →
Albums et boîtes
Une fois dans sa pochette, le billet va dans un album ou une boîte.
- Choisissez des albums à pages sans acide et à poches en polyester ou en polypropylène.
- Évitez les pages autocollantes ou « magnétiques ». Au fil des années, l’adhésif peut migrer dans le papier.
- Rangez les billets à plat, ou debout avec assez de soutien pour qu’ils ne se courbent pas.
- Placez l’album debout dans une armoire plutôt que sous une pile de livres. La pression laisse des empreintes et peut marquer les bords.
Les billets gradés dans un boîtier scellé (un slab de PMG ou PCGS, par exemple) restent de préférence dans ce boîtier.
Lumière, chaleur et humidité
Le papier et l’encre ont trois ennemis : la lumière, l’humidité et les fortes variations.
- La lumière, surtout le soleil et les UV, fait pâlir les couleurs et rend le papier cassant. Gardez vos billets dans l’obscurité. Si vous voulez les exposer, utilisez un verre ou un acrylique anti-UV et changez régulièrement ce que vous montrez.
- L’humidité entraîne un risque de moisissure, de petites taches brunes (rousseurs) et de papier gondolé. Un air trop sec, en revanche, rend le papier cassant.
- La stabilité compte plus que la perfection. Un endroit frais, modérément sec, sombre et sans grandes variations vaut mieux que la recherche d’un chiffre exact. Un sachet de gel de silice dans une boîte fermée aide à garder une humidité stable. Remplacez-le ou faites-le sécher de temps en temps.
- Le grenier, la cave et le garage ne sont pas de bons endroits. C’est là que la température et l’humidité varient le plus. Une armoire dans un salon ou une chambre convient mieux.
Pour choisir le bon endroit, lisez Le meilleur endroit pour conserver votre collection.
Billets en polymère
De plus en plus de pays émettent des billets en plastique (polymère). Ils résistent mieux à l’humidité et aux déchirures. Ils supportent bien une chaleur normale, mais pas une forte chaleur : un fer à repasser, une plaque de cuisson ou une flamme peuvent les faire rétrécir ou se déformer. Tenez-les aussi à l’écart du soleil direct, surtout parce que la lumière (UV) peut faire pâlir l’impression. Les plis restent également visibles sur le polymère, les mêmes règles de manipulation s’appliquent donc.
Comment AgAurium suit vos billets
Bien conserver vos billets est une chose ; savoir ce que vous avez en est une autre. Dans AgAurium, vous notez pour chaque billet ce qui compte : pays, année, valeur faciale, numéro de série, état et une photo du recto et du verso. Pour les billets, AgAurium peut lire le texte d’une photo et remplir pour vous des champs comme le numéro de série et l’année.
Vous voyez l’état de chaque billet d’un coup d’œil. Si vous vous demandez plus tard si un pli est apparu, comparez simplement le billet avec la photo. Pour chaque billet, vous pouvez aussi noter où il est rangé (par exemple « album 2, page 14 ») et conserver la preuve d’achat. Ces informations ne sont visibles que par vous.
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